THE JANE DOE IDENTITY de André Øvredal

La Jane Doe dans la peau. Tommy et Austin Tilden s’adonnent au meilleur moyen de construire une saine relation père / fils : l’autopsie de macchabées pour faire avancer la justice et la bonne ambiance familiale. La providence leur amène tard, un soir, la dépouille d’une Jane Doe, le petit sobriquet réservé aux cadavres féminins non identifiés. Comme dans une adaptation du jeu Dr Maboul par un fils de pute psychopathe, les Tilden vont découvrir des indices de plus en plus perturbants cachés à l’intérieur du corps.

Jason Burne

La Vengeance dans Jane Doe. Tout d’abord, un prix de la poésie du cinéma pour le titre français de The Autopsy of Jane Doe et sa licence poétique chafouine. Ceci étant posé, qui parmi vous se posait des questions sur la carrière du réalisateur de The Troll Hunter, found footage norvégien de 2011 qui aura marqué 14 spectateurs du festival de Gérardmer jusqu’à leur première bière ? Inutile de lever la main, le Chaos sait que vous mentez, le Chaos vous juge, le Chaos vous gifle un peu trop lascivement pour être honnête. Six ans après son premier essai, André Øvredal montre enfin de quoi il est capable, en l’occurrence parvenir à entretenir un suspense relativement absurde en huis clos, avec une efficacité capable et l’inventivité discrètement enlevée de celui qui a tout à prouver. Au diapason, Emile Hirsch s’en revient de son pétage de plombs hollywoodien avec ce qu’il lui reste de grâce dans l’angoisse et joue le jeu magnifiquement. Brian Cox, Expendable occasionnel du cinéma de genre, s’acquitte de sa charge avec la prestance du mercenaire rompu à l’exercice.

C’est en définitive ce à quoi cette toute petite série B ressemble : du travail de professionnel, honorable, décevant, aussi, quand le pot-aux-roses se révèle un peu en deçà des attentes placées dans son potentiel insoupçonné pour qui s’attend à un huis clos lambda. D’autant plus dommage que le sujet permettait des extrapolations discursives passionnantes, à peine abordées du bout des lèvres par un script réfugié dans les effets de manche. Avec la bienveillance due à une cinématographie malade, le film rejoint la poignée de sorties horrifiques annuelles potables, où il n’y a pas trop lieu de se forcer à aimer juste pour la survie du genre.