La rencontre entre une écriture caricaturale à la Mocky pas toujours assumée et une maîtrise du plan-séquence façon Gus Van Sant inspiré d’Alan Clarke aurait pu, dans un monde parfait, fuser d’étincelles. En pratique, le malaise du personnage principal prolonge l’incompatibilité irréconciliable entre le scénariste et le réalisateur qui, par un hasard malencontreux, se trouvent…
Auteur/autrice : François Cau
EX MACHINA de Alex Garland
Si je n’avais jamais vu de film de science-fiction sur l’intelligence artificielle, que je n’étais pas déjà au fait du potentiel extraordinaire de cette grosse coquine d’Oscar Isaac, ou même si je tolérais un peu mieux les huis-clos, j’aurais sans doute trouvé ces déambulations corridoresques en chalet un chouïa plus intéressantes.
EVOLUTION de Lucile Hadzihalilovic
Evolution ce mois-ci et le premier long-métrage Blind Sun de Joyce A. Nashawati le suivant, deux propositions de fantastique atmosphérique, où la maîtrise limpide du cadre n’est que le premier pas vers le dérèglement sensoriel en pleines zones d’inconfort. Le hasard de ces sorties rapprochées aurait presque valeur d’espoir dans le renouvellement d’un cinéma fantastique…
EVIL DEAD de Fede Alvarez
Maudit sois-tu, cinéma d’horreur. Ta médiocrité ambiante pousse à considérer le moindre produit honorable comme une « révolution ». OK, personne n’en souffre tant les propositions originales et / ou de réelles qualités demeurent désespérément marginales. La porte s’ouvre pour des artisans studieux comme Alvarez, et à la limite, tant mieux. Seulement voilà : l’attrait du film de…
EVEREST de Baltasar Kormakur
Quand tu en viens à traiter les personnages d’idiots, à avoir mal pour eux malgré tout et à anticiper physiquement le flot d’intempéries qui leur tombe dessus, quelque part, ça signifie que le film est réussi. Baltasar Kormakur, talentueux orfèvre aux œuvres de commande systématiquement honorables, contourne les pièges posés par son casting cinq étoiles…
THE MAN WHO STOLE THE SUN de Kazuhiko Hasegawa
Gentiment moqué de ses élèves pour ses élans narcoleptiques, Makoto Kido remonte assez haut dans leur estime en se conduisant avec bravoure lors d’une prise d’otage d’un bus scolaire. Cette parenthèse joue la diversion à merveille pour occulter son invraisemblable projet : la construction de la première bombe atomique japonaise, en scred, dans son laboratoire. Une…
L’AMOUR BRAQUE de Andrzej Zulawski
Micky braque une banque avec ses frères d’armes tout aussi excités que lui derrière leur masque Disney. Dans le train pour Paris, ils tombent sur Léon, prince hongrois errant, tout disposé à suivre les malfrats dans leurs sombres besognes. Jeune orphelin simplet, à peine sorti de HP pour visiter sa cousine actrice, le prince ne…
WHERE TO INVADE NEXT de Michael Moore
Ça ne suffisait pas à Michael Moore d’avoir tué le documentaire, il lui fallait à présent jouir dans la bouche de son cadavre. Rappelez-vous ce grand moment de gêne, à la fin de Sicko (2007) lorsqu’il interrogeait des bourgeois français sur leurs conditions sociales paradisiaques, leurs vacances grassement payées par le gouvernement. Moore s’était déjà…
BALADA TRISTE de Alex de la Iglesia
Si Javier devient un clown triste, c’est plus pour honorer la mémoire de son père, mort prisonnier politique, que par réelle conviction. Ses premiers pas dans le cirque qui daigne l’engager ne parviennent pas à convaincre grand-monde, surtout pas son comparse Sergio, macho frustre ascendant psychopathe. Seule éclaircie tombée du ciel, la sublime trapéziste Natalia,…
EN TAULE : MODE D’EMPLOI de Etan Cohen
Quiconque aime ou a aimé Will Ferrell d’un amour tendre, sale, félin, reptilien, en un mot, sacré, détournera les yeux de cet objet trop aseptisé pour dépasser l’intérêt cinématographique du dernier Adam Sandler.
