ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch

S’il fallait illustrer l’adjectif poseur, l’affiche du dernier Jarmusch ferait parfaitement l’affaire. Ses personnages de vampires dandys rockeurs en plein spleen rimbaldien ne voudraient rien tant que titiller une certaine idée de la métaphysique, mais s’enfoncent de séquence en séquence dans une absence de regard inexorablement hautaine et une complaisance petite bourgeoise horripilante. Only Lovers…

NIGHT FARE de Julien Seri

Julien Seri vient d’aller tellement loin dans le n’importe quoi scénaristique qu’à la limite, on devrait le respecter pour ça. Dommage que la première moitié lambine à ce point – mais dans le même temps, la surprise n’en est que plus brutale. Aminches déviants, n’hésitez pas, FONCEZ, c’est de la bonne.

NIGHT CALL de Dan Gilroy

Personne ne le sait, mais Elie Semoun a joué dans un thriller indé américain avec Burt Reynolds en 1999. L’involontairement hilarant Stringer voyait le comique camper un reporter de plus en plus affecté par ses sujets sensationnalistes, au point qu’il en venait à imiter Taxi Driver devant un miroir avec sa caméra. La comparaison entre…

NEW YORK MELODY de John Carney

C’est un peu la même impasse que dans La Vénus à la Fourrure, lorsque la falote Emmanuelle Seigner devait se transfigurer en actrice remarquable pour finalement s’échouer sur les limites de son jeu : un producteur loser tombe en pâmoison à l’écoute des compositions de sa nouvelle muse… et on se demande bien pourquoi, tant…

THE NEON DEMON de Nicolas Winding Refn

Pour une fois que la critique à Cannes sert à autre chose qu’à vérifier avec effroi l’incroyable petitesse de sa résistance psychologique à une proposition ne serait-ce qu’un chouïa plous conceptuelle qu’un énième docu-fiction des Dardenne, on ne va pas se plaindre. Curieux de voir ce qui a bien pu occasionner un tel déchaînement de…

MA VIE AVEC LIBERACE de Steven Soderbergh

Non seulement Michael Douglas et Matt Damon évitent consciencieusement le cabotinage et le contre-emploi forcé, mais en plus, Steven Soderbergh livre l’un de ses meilleurs films. Une plongée glauque à souhait dans les méandres du star-system et de ses charmes aliénants, doublée d’une réflexion pertinente sur le culte de l’image, dans tous les sens du…

LA MARQUE DES ANGES – MISERERE de Sylvain White

Pourquoi les bouquins de Jean-Christophe Grangé sont inadaptables ? Facile : leur structure mélange à la va-comme-je-te-pousse les cliffhangers vaseux à la Dan Brown et des conclusions qui lorgnent de toutes leurs maigres forces vers les résolutions de James Ellroy. Mais surtout, le plus gros problème, au-delà même du style tout relatif de l’auteur, reste que ses…

MARIUS de Daniel Auteuil

Le voici donc, le mastodonte cocorico envoyé en première ligne pour battre les yankees à leur propre jeu mercantile. Et le résultat en dit malheureusement long sur l’état de notre exception culturelle. Un acteur improvisé réalisateur puise à la source de son premier succès historique, comptant sur la fibre nostalgique increvable d’un pays en perte…

LA MARCHE de Nabil Ben Yadir

Est-ce parce qu’il traite d’un sujet «  sensible  » qu’un film doit devenir de facto inattaquable  ? Cette défense, développée par la réalisatrice Rose Bosch pour protéger son film La Rafle, se révèle une nouvelle fois caduque, voire contre-productive à la vision de cet objet fastidieux, caricatural et sans cesse retranché derrière la justesse de…

MAN OF STEEL de Zack Snyder

Après ces deux entreprises de démolition de la culture comics contemporaine qu’étaient 300 et Watchmen, comment donc Zack Snyder allait-il s’y prendre pour pisser sur la tronche des fans de Superman ? L’attente était à la limite du supportable pour bon nombre d’ayatollah offensés par la disparition du slip rouge survalorisant de leur Clark Kentounet. Miracle,…